Bannie re aude2017

schizophrénie; hallucinations; romance;

Je t'ai rêvé de Francesca Zappia.

Note 5/5

* Troublant et bouleversant ! *

 

 Ce billet comprend la Couverture et le Résumé, un Extrait, mon avis avec un mini-résumé plus personnel et toutes les Infos. qui valent le coup. 

 

Bonne lecture et pensez s'il vous plaît à laisser une trace de votre passage via les commentaires! 

 


Je t'ai rêvé

La folie est son quotidien, rien ne la préparait à être « normale ».
- On joue au jeu des vingt questions ?
- OK , mais c'est moi qui les pose cette fois.
- Ça marche.
- Si je devine en moins de cinq questions, je serai vraiment déçue.
Il esquisse un sourire et répond :
- Ne m'insulte pas.
- Est-ce que tu es vivant ?
- Oui.
- Tu habites ici ?
- Oui.
- Je te connais ?
- Oui.
- Est-ce que je t'ai rêvé ?


Un premier roman bouleversant par la jeune prodige de vingt-deux ans qui a conquis John Green (Nos étoiles contraires).


« J’ai passé les trois semaines qui ont suivi à faire des séjours à l’hôpital. À la fin de la deuxième semaine, je hantais plus souvent mon salon, mais la Fossoyeuse me bombardait de médocs comme si on était en plein Blitz. Je me réveillais tous les matins avec l’image du Miles sanglant gravée dans ma mémoire et chaque nuit je rêvais que j’étais plantée sur le sol du gymnase sur lequel s’étalait en rouge le mot “Communistes”, tandis que le tableau des scores de MCCoy gloussait sur le mur derrière moi. 

Plus rien n’était bon, ni au goût ni à la vue. Je ne savais pas si c’était à cause de moi ou des cachets (....) J’avais parfois l’impression que j’étais en train de mourir, que la terre s’ouvrait sous mes pieds ou que le ciel allait m’avaler tout entière. »

(Page 143/450)

=> Découvrez le début du roman: ICI


Ce qu'il faut retenir de l'histoire...   Alex a un but : aller à l’université. Or, elle ne sait pas faire la part des choses entre la réalité et les délires fabriqués par son esprit paranoïaque et schizophrène. En entrant dans son nouveau lycée, tout est chamboulé entre ses techniques pour différencier le vrai du faux qui s’avèrent peu fiables à la rencontre d’amis – les premiers-même d’un jeune homme qu’elle pensait avoir inventé quand elle était enfant. Elle ne sait plus ce qui est réel ou non, mais elle est bien décidée à être une adolescente comme tous les autres.

Mon ressenti:   

J’ai commencé ce livre alors que j’étais épuisée, en panne de lecture, mais la quatrième de couverture annonçait une lecture fluide, aérée tout en étant poignante. J’étais curieuse et tant mieux, car ce fut effectivement le cas : fluide et poignant. L’histoire est pleine de dialogues et le style « parler jeune » (abréviations et langage familier) a rendu léger le sujet grave qu’est la schizophrénie.

Voilà j’ai commencé mon avis.

Et pourtant, je n’arrive pas à continuer d’écrire tellement l’histoire me perturbe encore. Par où commencer ? Il faut que je raisonne alors que je frissonne de partout quand j’essaye de penser à tout ce qui m’a plu, quand je revois des scènes dans ma tête. Aux détails qui changent quand vous avez le final en tête…

Tout d’abord, le pitch pour ce roman est excellent : Alex, enfant, veut délivrer des homards dans l’aquarium d’un supermarché, un garçon aux beaux yeux bleus l’aide à les libérer. Un homard remercie Alex. C’était une hallucination : les homards sont toujours dans l’aquarium et pas sûr que le garçon ait été réel aussi. Ainsi est la vie d’Alexandra Ridgemont, le réel et le non réel sont emmêlés, rendant parfois impossible de différencier l’un de l’autre. Elle est schizophrène, voit des choses improbables sur fond de paranoïa constante, en plus d’être une adolescente, vous voyez le tableau ?   

Après l’histoire des homards, le récit continue à l’adolescence d’Alex quand elle intègre un nouveau lycée et tombe sur un jeune homme qui ressemble à celui qu’elle pense avoir réellement vu devant l’aquarium aux homards. Réel ou pas réel ? C’est à vous de le découvrir, à vous de suivre cette jeune femme et d’apprendre en même temps qu’elle ce qui fait mal ou non. Je ne dirai rien de plus sur sa maladie hormis un fait. Qu’elle prenne ou non des cachets ou photographie ce qu’elle observe pour essayer de différencier le vrai du faux, tout ceci ne suffit pas et c’est ce qui intensifie notre malaise. On est dans sa tête et à la fois spectateur de sa chute inévitable. Heureusement que c’est du young adult qui « édulcore » certaines vérités. (Dis donc je suis hyper énigmatique) L’auteure a très bien su parler de cette maladie sans nous forcer à plonger le nez dans un décor glauque, le sujet est traité avec subtilité et respect pour les vrais malades ce qui est appréciable.   

Il est rare que j’aie un coup de cœur si le style n’est pas classique, que voulez-vous, j’ai besoin de me nourrir de textes correctement écrits, je fronce les sourcils quand l’auteure se met à écrire comme on parle, ou plutôt comme un adolescent parle. Néanmoins, ici c’était nécessaire, cela nous rend très proche de l’héroïne, je suis totalement entrée dans son délire, si vous saviez comment ce livre me chamboule. Je trouve poignant cette manière de voir le monde, de marcher parmi les autres avec cette différence qui crée un fossé énorme.

Et la belle surprise dans tout ça, ce sont les rencontres avec d’autres élèves qui deviendront ses amis, malgré son énorme handicap, ses délires de tout instant (les communistes l’observent, sa mère a empoisonné son repas). Malgré sa paranoïa maladive, elle vit ce que toute adolescente lambda est en droit de vivre. Même une romance absolument mignonne entre deux personnages qui ont un caractère bien trempé. C’était si beau, si touchant, la bouffée d’air frais qu’il fallait. En effet, le drame est sur toile de fond, prêt à jaillir au premier plan doucement mais surement pour exploser à la fin, noyant le tableau dans le néant. La dernière partie m’a fait mal. J’en ai pleuré. J’avais compris certaines divagations, mais je n’ai rien vu venir pour d’autres et pourtant j’étais totalement investie à essayer de dénouer le vrai du faux. Je me suis sentie proche d’Alex, ses hallucinations, ses pensées, sa paranoïa. Elle est bouleversante.

Désolée de n’avoir pas su écrire un avis objectif, vous décrivant le nombre de parties (3), de vous parler des personnages secondaires (ils sont tous tip top), de donner mon avis pour l’intrigue sur le lycée (seul bémol, elle ne m’a pas passionnée, une histoire de panneau des scores). Je suis dans l’émotion, c’est aussi ça avoir un coup de cœur, manquer de mots et se laisser transporter par les sensations.  

En bref, ce livre m’a bouleversée, j’ai eu des insomnies, la boule au ventre ! Qui aurait cru qu’un jour je ne ferai pas attention au langage utilisé. Ce livre m’a fait un bien fou (sans jeux de mots) et pourtant il m’aura fait pleurer. Définir ce qui est réel ou non, vivre dans toutes ces vies enchevêtrées. Alex se voile la face, est dans le déni. Parler de la schizophrénie dans le YA, il fallait oser. Pari réussi. Panne de lecture terminée.


 

Je t'ai rêvé de Francesca Zappia, 450 pages, sortie le 12 Novembre 2015 chez Robert Laffont dans la Collection R.

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