Bannie re aude2017

Drame/Policier: Thriller, Psychologique, Suspense

La Vérité Vraie de Dan Gemeinhart.

 

Note 5/5

* En plein cœur ! *

 

 Ce billet comprend la Couverture et le Résumé, un Extrait, mon petit avis et toutes les Infos. qui valent le coup. 
 

 

 


La vérité vraie

Mark est un enfant comme les autres. Il a un chien nommé Beau et un rêve : escalader un jour le mont Rainier.
Mais ce jour arrive plus tôt que prévu. Car Mark a une maladie. Du genre à rater une année entière de classe. Du genre dont on ne réchappe pas toujours.
Alors, Mark fugue : rien ne les empêchera, lui et son chien Beau, de gravir cette montagne. Et peu importe si c'est la dernière chose qu'il fait de sa vie.
Le voyage d'un petit garçon en quête de vérité, le premier roman magistral d'un professeur des écoles, qui touchera au coeur petits et grands.
Les enfants ont enfin leur John Green !


Extrait

« Je me tortille pour enlever mon sac à dos et tâche d’ouvrir la fermeture Éclair. J’ai les mains qui tremblent, et mes doigts refusent d’obéir aux ordres que leur donne mon cerveau. Beau gémit à côté de moi. Le froid se referme autour de nous, nous lacérant de ses ongles glacés. Je le sens qui s’infiltre douloureusement jusqu’à mes os.»

(page 155) 


Mon Avis

Ce qu'il faut retenir de l'histoire... Mark, 11 ans a fugué. Accompagné de son chien Beau, il souhaite gravir une montagne, une promesse qu’il doit tenir et une décision qu’il a prise pour une fois seul. Déterminé, Mark mène une aventure tumultueuse avec son chien entre mauvaises rencontres et affres de la maladie.  

 Mon ressenti: C’est l’histoire d’un petit garçon qui a une lourde maladie, une récidive et qui refuse de repartir dans le douloureux parcours des traitements. Il est en colère. Et cette colère va s’exprimer dans la douleur et l’amitié tout au long du roman. Je connais ce sentiment. Je suis atteinte d’une maladie incurable, moi aussi je déteste parfois le monde, quand je ne me déteste pas moi-même de ce que je suis, de ce que je vis et ce que je fais vivre à mes proches. Je n’ai jamais voulu lire de livre jusqu’à maintenant qui parle de maladie chronique ou pire, car je trouvais que c’était blessant de voir certains lecteurs avoir de l’empathie pour des personnages de fiction (version édulcorée) quand ils n’en ont pas pour la personne réelle qui est malade en face d’eux et qu’ils ne voient pas, qu’ils ne veulent pas voir. C’est ça la vérité. Un terme que le héros — mais pas seulement curieusement dans ce livre — prononce souvent. Mes propos peuvent surprendre, c’est que je suis humaine, et je le reconnais, parfois la colère prend le dessus et je prends à cœur l’égoïsme de certains. Mais j’ai appris à canaliser ma colère au fil des années... en ce moment elle refait surface, de nouveaux événements, mais cela appartient à mon histoire personnelle, celle que je ne livrerai jamais entièrement.

Mark n’est pas seul dans son périple, à savoir gravir le mont Rainier comme promis à son grand-père, alpiniste, qui est décédé depuis. Il a un chien, petit et gentil, Beau. Comme tous les bons chiens, Beau va le suivre dans toutes ses aventures, au péril de sa vie. J’ai eu peur pour lui et j’en ai voulu à Mark, ce garçon est si jeune (11 ans) c’est vrai, mais mettre en danger la vie de son chien, ne se rendait-il pas compte ? me demandais-je souvent.

Tout au long de l’histoire, Mark a mal, à la nausée et d’horribles migraines, mais il avance, il brave tous les dangers, il arrive à se nourrir et à dormir au chaud. Toujours avec son gentil chien, prêt à défendre son maître si jamais.

À côté de ce récit, apparaissent régulièrement et brièvement les états d’âme de sa meilleure amie, Jessie. Son amitié est solide, elle sait où est Mark et se fait un sang d’encre du sort de son ami, si elle doit le trahir pour le sauver, rassurer ses parents qui pleurent, ses pensées sont un tourbillon répétitif, mais tellement touchant. Elle le connaît depuis toujours, et il est malade depuis toujours avec des années de paix au point que tout le monde y compris Mark a cru que le mal était totalement parti.

J’interprète que Mark ne fait pas ce périple pour aller mourir là-haut en ayant fait ce choix – rares sont ceux qu’il a eus en si peu d’années de vie —, mais pour exhorter sa fureur de vivre au contraire de celle de se laisser mourir. Il fallait que la colère explose, qu’il soit dans un état de vie préoccupant perdu au milieu de rien pour qu’enfin il y voie clair. Que la vie de son chien soit peut-être en danger pour qu’il réalise. Et c’est pour cette raison que j’ai adhéré à cette histoire, j’ai senti sa témérité, j’ai senti sa douleur et son impuissance, mais l’espoir est le plus fort sentiment dans cette histoire. Là où on pense que la dépression qui anéantit toute énergie physique et mentale est la réaction naturelle à une maladie comme la mienne ou celle de Mark, je réponds, il répond par ceci : oh que non ! C’est la joie de vivre, la force de se battre qui entrent en action. C’est le corps qui est malade, pas l’esprit et comme emprisonné dans un corps qui dépérit, Mark prouve son courage et sa détermination à vaincre sa maladie (qui peut se guérir). Pas de pathos pour autant, il décrit ce qu’il ressent et on a mal avec lui, mais la multitude d’actions et d’évènements empêche tout arrêt sur image « pleurez sur mon sort ». La fin est comme je souhaitais, je redoutais le happy end tout comme son contraire avec la mort de Mark, finalement c’est comme dans tout le récit de la douceur, de la pudeur et de l’espoir. La plume de l’auteur m’a totalement embarquée dans les méandres de mes émotions. Ses descriptions souvent en métaphores ne laissent pas place au flou, on ressent exactement ce que vit Mark. J’ai adoré cette alternance des récits des deux enfants, cela permettait de savoir qu’il pensait être seul, mais qu’on savait, nous, à quel point il était aimé et entouré. Cela expliquait d’autant plus sa fugue, ce besoin de faire cela seul, avec son chien.

Coup de cœur. Merci pour tout ce que ce livre m’a apporté. La colère, la douleur, la solitude présentes dans ce livre me parlent sensiblement. J’en suis très émue. Merci pour cette histoire de courage et d’amitié, de force et de sagesse le tout écrit d’une délicieuse plume poétique. Quand je regarderai la couverture de ce livre, je sourirai, je penserai à cette fiction et cette aventure qu’on vit de l’intérieur. 


Infos sur le livre

La Vérité Vraie de Dan Gemeinhart, 288 pages, paru le 10 novembre 2016 aux édtiions Robert Lafont, dans la collection R jeunesse. 

Sites intéressants:

Collection R jeunesse : ici Facebook de la collection R : ici

Site de l'auteur: lien.

 

Robert Laffont

 

Addict de Jeanne Ryan

Note

 3,5/5

* Troublant ! *

 

 Ce billet comprend la Couverture et le Résumé, un Extrait, mon avis avec un mini-résumé plus personnel et toutes les Infos. qui valent le coup. 

 

Bonne lecture et pensez s’il vous plaît à laisser une trace de votre passage via les commentaires  ! 

 


Addict nouvelle édition

Le roman visionnaire dont est tiré le film Nerve, produit par Lionsgate, avec Emma Roberts dans le rôle de Vee et Dave Franco dans celui de Ian.
Sortie le 24 août au cinéma.

Êtes-vous plutôt Joueur... ou Voyeur?
Addict est un jeu qui diffuse sur Internet des défis filmés en direct. Vee, 17 ans, n’est pas sûre d’avoir le cran d’y participer. Mais les organisateurs connaissent ses désirs les plus secrets et finissent par la convaincre, avec des cadeaux qu’elle ne peut refuser... et un partenaire irrésistible.
Une fois en équipe avec le beau Ian, Vee ne peut qu’accepter le défi suivant, puis un autre, et encore un autre... D’autant que l’engouement des milliers de Voyeurs en ligne la pousse à dépasser ses limites et ses peurs.
Bientôt, le jeu prend un tournant plus que malsain : il devient dangereux, voire mortel. Mais comment décrocher quand on est pris dans l’engrenage ?


«J’espère qu’il a raison. En tout cas, nous avons tous les deux le sourire jusqu’aux oreilles en attendant le verdict d’ADDICT. J’ai du mal à croire qu’à peine quelques heures plus tôt, j’étais en train de bouder en coulisses pendant que ma meilleure amie me poignardait dans le dos. En l’espace d’une soirée, j’ai gagné des super cadeaux, goûté à d’incroyables montées d’adrénaline, et peut-être empoché du cash. Sous oublier la cerise sur le gâteau : je suis assise à côté d’un mec hyper craquant qui me dévore des yeux!

J’adore ce jeu.» 

(page 151/344)


Ce qu'il faut retenir de l'histoire... Un nouveau jeu sur le net permet de gagner des cadeaux forts intéressants. Pour y participer, il faut accepter un premier défi. Vee, 17 ans, se sentant effacée auprès de sa meilleure amie populaire et invisible devant le garçon qui l’intéresse, y joue juste une fois et gagne haut la main. Mais ce n’est que le début d’une suite de défis toujours plus farfelus — voire malsains — les uns que les autres que Vee doit affronter en binôme avec le beau Ian. En récompense ? Des cadeaux qui assurent un avenir plein de promesses. Vee a de quoi être fière d’elle, enfin, c’est à voir... car le jeu réserve bien de mauvaises surprises !  

 

Mon ressenti:   

PRENANT, le livre se lit tout seul grâce au rythme sans arrêt relancé par de nouveaux défis.

DÉROUTANT,  aux défis simples, les choses se corsent par la suite...

* INQUIÉTANT, la fin m’a franchement mise mal à l’aise. « Et si ça arrivait vraiment ? »

Un roman qui m’a agréablement surprise. J’ai passé un super moment surtout vers la fin où j’ai sérieusement serré les dents tant le suspense était à son comble, et tant la fin est perturbante !!!! 

Le personnage de Vee est trop jeune pour que je puisse m’identifier, mais j’ai imaginé mes neveux (âgés d’une dizaine d’années) et j’ai souvent levé les sourcils et dégluti au fur et à mesure de ma lecture. Et si ça arrivait un jour??? Avec toutes les télé-réalités qui montrent tout et n’importe quoi s’enfonçant toujours plus dans la bêtise, qui sait si le genre de défi que l’auteure a créé pour cette histoire ne sera pas un jour proposé ? Autant les premiers défis sont mignons et permettent à l’adolescente de s’affirmer, autant les derniers, le dernier plus précisément qui se déroule dans un huis clos m’a mis mal à l’aise. De plus, la fin est ouverte, car le jeu comme le dit le slogan du livre n’a « ni règles ni pitié ». 

Les personnages rencontrés tout au long du livre sont plutôt stéréotypés, c’est certain, mais il y a quand même pas mal de petits rebondissements notamment sur les amis de Vee. Le livre apprend bien une chose : ne vous fiez pas aux apparences. Même le public qui suit Vee et Ian dans leurs défis n’est pas toujours le meilleur, ce que je trouve plutôt inquiétant encore une fois. 

Le duo Vee et Ian est génial. Je suis contente du dénouement les concernant, je ne dirai pas pourquoi, vous pourriez être surpris. (ne vous fiez pas aux apparences, je vous dis ;) ). 

Le style de l’auteure est simple et s’adresse plutôt à un public adolescent. Le rythme est d’ailleurs prenant, de manière à ne pas s’ennuyer. Un défi se termine qu’un autre avec toutes ses péripéties qui l’accompagnent démarre. Mais ce n’est pas qu’une histoire de défis, c’est aussi comment le virtuel peut contrôler une personne, un public. On peut raconter n’importe quoi au public, il dira « OK » et « ENCORE ». De même, avec le virtuel, toute la vie d’un participant est désormais connue, contrôlée. C’est un peu la voie que nous prenons avec les réseaux sociaux, mais comment faire, car on ne peut pas vivre en ermite couper du monde. Ce monde (notre monde) évolue vers des méthodes de plus en plus intrusives où la personne elle-même devient un produit consommable. 

Je vous l’ai dit, cette histoire fait réfléchir, mais je crois qu’il est trop tard pour mettre de la distance entre le net et l’internaute, on est « fiché ». Moi, parano ? Hum, je ne sais pas. 

Merci pour cette lecture qui m’a fait sourire, déglutir et surtout réfléchir. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge! (lu et écrit en le 1er juin 2013)


 

Addict de Jeanne Ryan, aux Editions Robert Laffont, collection R, 360 pages. Sortie le 21 février  2013.

Nouvelle édition sortie le 25 août 2016. 

Son titre en VO s'intitule Nerve.    

  Sur l’auteure :

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  • son site officiel : ICI

 

Sur la Collection R :

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  • Site de la collection : ICI

 

Trailer du film : (sorti le 24 aout 2016)

 

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Angie, 13 ans disparue... de Liz Coley.

 

Ma Note 4/5

Très bien ficelée !

 

 Ce billet comprend la Couverture et le Résumé, un Extrait, mon avis avec un mini-résumé plus personnel et toutes les Infos. qui valent le coup. 

 

 

 

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Angie, 13 ans disparue

Résumé éditeur : En camp de vacances, Angie, 13 ans, disparaît. Elle revient chez elle, persuadée de s'être seulement égarée quelques heures. En réalité, trois ans se sont écoulés. Trois ans sans le moindre souvenir, si ce n'est de profondes cicatrices aux chevilles et aux poignets, et une étrange bague à l'annulaire. Tout laisse à penser qu'Angela a vécu l'enfer. Mais que s'est-il réellement passé ? Et pourquoi a-t-elle tout oublié ?


 Extrait

         « – Tu crois que je vais retrouver la mémoire ? Longtemps, sa mère garda le silence. Angie se recula et capta son expression torturée, la tristesse dans ses yeux, une seconde avant qu’elle se ressaisisse.

         Puis elle dit :

– Pendant trois longues années, je n’ai eu qu’une idée : savoir ce qui t’était arrivé. Aujourd’hui... Pour être honnête, je me demande si j’ai envie que tu te souviennes...

            Là-dessus, nous sommes d’accord. » 

(Pages 58/59 )                                      


Mon Avis

Ce qu’il faut retenir : Angie revient au domicile de ses parents, persuadée de rentrer d’un séjour avec les scouts dans la forêt. Seulement, voilà trois années qu’elle était portée disparue. Que s’est-il passé ? Va-t-elle retrouver la mémoire ? Son esprit semble avoir volontairement fermé des portes qu’elle va devoir forcer si elle veut connaître la vérité. TOUTE la vérité...

Mon ressenti : 

Cela faisait un moment que ce livre était sur ma pile à lire. Après avoir lu Je t’ai Rêvé de Francesca Zappia, j’avais besoin de continuer à lire des histoires à suspense. L’idéal ? Un livre dans la veine des thrillers psychologiques. Ici, au résumé je pensais lire un thriller ou un drame comme Perdue et retrouvée de Cat Clarke que j’avais beaucoup aimé. Ma surprise fut telle avec Angie, 13 ans, disparue ...que j’ai dévoré le bouquin en quelques soirs. Je ne m’attendais pas à une telle plongée psychologique et tant mieux ! C’était si intéressant, original, quoique rapide dans sa résolution pour une maladie si profonde. Quoi, une maladie ? Non, je ne vous dirai rien. Les lecteurs qui ont lu cette histoire m’ont dit avoir beaucoup aimé, mais ont respecté mon temps de découverte. N’allez pas lire à la fin les remerciements de l’auteure, car elle en parle plus longuement. Je souhaite une découverte pour vous aussi, si vous n’avez pas encore ouvert ce livre.

Angie est une jeune héroïne qui a un trou de mémoire de trois années. Hier, elle était une enfant, aujourd’hui c’est une jeune femme avec des courbes et des ...cicatrices. Face au miroir, c’est un électrochoc, ses parents ne lui mentent pas, elle a bien disparu et à constater les dégâts sur sa personne, elle a forcément terriblement souffert.

Seulement son esprit est fermé. Au fil de la lecture, des indices qui ne trompent personne ni nous ni l’héroïne nous amènent à nous poser certaines questions sur la jeune femme. Aidée par une psychothérapeute, Angie va commencer des séances d’hypnose… la suite ? Je ne dirai rien ! Et pourtant, j’aimerais tellement développer. Disons que certains personnages dans cette intrigue vont être poignants, terrifiants, fragiles. J’avais déjà vu des films sur ce genre de sujet et à chaque fois je reste assez choquée de voir une telle complexité de l’esprit chez un individu qui a été maltraité. Ce livre parle d’un enlèvement, mais il va faire tomber bien des masques, l’horreur et le dégoût sont au rendez-vous. J’ai eu du mal avec certaines scènes, même si c’est du Young Adult, évoquer une action terrible même en nous épargnant les détails reste terrible parce qu’au-delà de notre imagination, il y a le fait que tout existe et tout est possible dans la nature humaine. Les infos télévisées nous jettent parfois à la figure sans nous préparer ce genre de travers de l'humanité et récemment les réseaux sociaux où vous lisez le statut d’un ami et en dessous le statut d’un journal de presse parlant d’un horrible drame. Le pire existe ce qui rend la lecture d’Angie 13 ans disparue triste, comme c’est de la fiction la résolution est plus « simple » heureusement pour mon cœur bourré d'empathie qui oublier parfois son bouclier.

En bref, j’ai beaucoup aimé cette histoire intéressante et originale, avec des rebondissements qui donnent un bon rythme tout au long du roman. C'est une belle surprise, il y a des passages tristes franchement douloureux qu’on n’arrive à gérer que par la distance comme l’héroïne elle-même. Quand on y repense, elle a trinqué la pauvre, c’est horrible, heureusement que la manière dont tout se passe est supportable. Je ne pensais pas garder dans ma bibliothèque un tel récit. Je le conseille ! 


Infos sur le livre

Angie, 13 ans, disparue ... de Liz Coley, 384 pages chez France Loisirs, sorti en 2013.  

 

Sites intéressants:

  • Site de l'éditeur: ICI
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  • Son site officiel: ICI

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France Loisirs

Je t'ai rêvé de Francesca Zappia.

Note 5/5

* Troublant et bouleversant ! *

 

 Ce billet comprend la Couverture et le Résumé, un Extrait, mon avis avec un mini-résumé plus personnel et toutes les Infos. qui valent le coup. 

 

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Je t'ai rêvé

La folie est son quotidien, rien ne la préparait à être « normale ».
- On joue au jeu des vingt questions ?
- OK , mais c'est moi qui les pose cette fois.
- Ça marche.
- Si je devine en moins de cinq questions, je serai vraiment déçue.
Il esquisse un sourire et répond :
- Ne m'insulte pas.
- Est-ce que tu es vivant ?
- Oui.
- Tu habites ici ?
- Oui.
- Je te connais ?
- Oui.
- Est-ce que je t'ai rêvé ?


Un premier roman bouleversant par la jeune prodige de vingt-deux ans qui a conquis John Green (Nos étoiles contraires).


« J’ai passé les trois semaines qui ont suivi à faire des séjours à l’hôpital. À la fin de la deuxième semaine, je hantais plus souvent mon salon, mais la Fossoyeuse me bombardait de médocs comme si on était en plein Blitz. Je me réveillais tous les matins avec l’image du Miles sanglant gravée dans ma mémoire et chaque nuit je rêvais que j’étais plantée sur le sol du gymnase sur lequel s’étalait en rouge le mot “Communistes”, tandis que le tableau des scores de MCCoy gloussait sur le mur derrière moi. 

Plus rien n’était bon, ni au goût ni à la vue. Je ne savais pas si c’était à cause de moi ou des cachets (....) J’avais parfois l’impression que j’étais en train de mourir, que la terre s’ouvrait sous mes pieds ou que le ciel allait m’avaler tout entière. »

(Page 143/450)

=> Découvrez le début du roman: ICI


Ce qu'il faut retenir de l'histoire...   Alex a un but : aller à l’université. Or, elle ne sait pas faire la part des choses entre la réalité et les délires fabriqués par son esprit paranoïaque et schizophrène. En entrant dans son nouveau lycée, tout est chamboulé entre ses techniques pour différencier le vrai du faux qui s’avèrent peu fiables à la rencontre d’amis – les premiers-même d’un jeune homme qu’elle pensait avoir inventé quand elle était enfant. Elle ne sait plus ce qui est réel ou non, mais elle est bien décidée à être une adolescente comme tous les autres.

Mon ressenti:   

J’ai commencé ce livre alors que j’étais épuisée, en panne de lecture, mais la quatrième de couverture annonçait une lecture fluide, aérée tout en étant poignante. J’étais curieuse et tant mieux, car ce fut effectivement le cas : fluide et poignant. L’histoire est pleine de dialogues et le style « parler jeune » (abréviations et langage familier) a rendu léger le sujet grave qu’est la schizophrénie.

Voilà j’ai commencé mon avis.

Et pourtant, je n’arrive pas à continuer d’écrire tellement l’histoire me perturbe encore. Par où commencer ? Il faut que je raisonne alors que je frissonne de partout quand j’essaye de penser à tout ce qui m’a plu, quand je revois des scènes dans ma tête. Aux détails qui changent quand vous avez le final en tête…

Tout d’abord, le pitch pour ce roman est excellent : Alex, enfant, veut délivrer des homards dans l’aquarium d’un supermarché, un garçon aux beaux yeux bleus l’aide à les libérer. Un homard remercie Alex. C’était une hallucination : les homards sont toujours dans l’aquarium et pas sûr que le garçon ait été réel aussi. Ainsi est la vie d’Alexandra Ridgemont, le réel et le non réel sont emmêlés, rendant parfois impossible de différencier l’un de l’autre. Elle est schizophrène, voit des choses improbables sur fond de paranoïa constante, en plus d’être une adolescente, vous voyez le tableau ?   

Après l’histoire des homards, le récit continue à l’adolescence d’Alex quand elle intègre un nouveau lycée et tombe sur un jeune homme qui ressemble à celui qu’elle pense avoir réellement vu devant l’aquarium aux homards. Réel ou pas réel ? C’est à vous de le découvrir, à vous de suivre cette jeune femme et d’apprendre en même temps qu’elle ce qui fait mal ou non. Je ne dirai rien de plus sur sa maladie hormis un fait. Qu’elle prenne ou non des cachets ou photographie ce qu’elle observe pour essayer de différencier le vrai du faux, tout ceci ne suffit pas et c’est ce qui intensifie notre malaise. On est dans sa tête et à la fois spectateur de sa chute inévitable. Heureusement que c’est du young adult qui « édulcore » certaines vérités. (Dis donc je suis hyper énigmatique) L’auteure a très bien su parler de cette maladie sans nous forcer à plonger le nez dans un décor glauque, le sujet est traité avec subtilité et respect pour les vrais malades ce qui est appréciable.   

Il est rare que j’aie un coup de cœur si le style n’est pas classique, que voulez-vous, j’ai besoin de me nourrir de textes correctement écrits, je fronce les sourcils quand l’auteure se met à écrire comme on parle, ou plutôt comme un adolescent parle. Néanmoins, ici c’était nécessaire, cela nous rend très proche de l’héroïne, je suis totalement entrée dans son délire, si vous saviez comment ce livre me chamboule. Je trouve poignant cette manière de voir le monde, de marcher parmi les autres avec cette différence qui crée un fossé énorme.

Et la belle surprise dans tout ça, ce sont les rencontres avec d’autres élèves qui deviendront ses amis, malgré son énorme handicap, ses délires de tout instant (les communistes l’observent, sa mère a empoisonné son repas). Malgré sa paranoïa maladive, elle vit ce que toute adolescente lambda est en droit de vivre. Même une romance absolument mignonne entre deux personnages qui ont un caractère bien trempé. C’était si beau, si touchant, la bouffée d’air frais qu’il fallait. En effet, le drame est sur toile de fond, prêt à jaillir au premier plan doucement mais surement pour exploser à la fin, noyant le tableau dans le néant. La dernière partie m’a fait mal. J’en ai pleuré. J’avais compris certaines divagations, mais je n’ai rien vu venir pour d’autres et pourtant j’étais totalement investie à essayer de dénouer le vrai du faux. Je me suis sentie proche d’Alex, ses hallucinations, ses pensées, sa paranoïa. Elle est bouleversante.

Désolée de n’avoir pas su écrire un avis objectif, vous décrivant le nombre de parties (3), de vous parler des personnages secondaires (ils sont tous tip top), de donner mon avis pour l’intrigue sur le lycée (seul bémol, elle ne m’a pas passionnée, une histoire de panneau des scores). Je suis dans l’émotion, c’est aussi ça avoir un coup de cœur, manquer de mots et se laisser transporter par les sensations.  

En bref, ce livre m’a bouleversée, j’ai eu des insomnies, la boule au ventre ! Qui aurait cru qu’un jour je ne ferai pas attention au langage utilisé. Ce livre m’a fait un bien fou (sans jeux de mots) et pourtant il m’aura fait pleurer. Définir ce qui est réel ou non, vivre dans toutes ces vies enchevêtrées. Alex se voile la face, est dans le déni. Parler de la schizophrénie dans le YA, il fallait oser. Pari réussi. Panne de lecture terminée.


 

Je t'ai rêvé de Francesca Zappia, 450 pages, sortie le 12 Novembre 2015 chez Robert Laffont dans la Collection R.

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Piège dans les ruines d'Alice Adenot-Meyer.

 

Ma Note 4/5

Comme un souvenir/délire de mon enfance !

 

 Ce billet comprend la Couverture et le Résumé, un Extrait, mon avis avec un mini-résumé plus personnel et toutes les Infos. qui valent le coup. 

 

 

 

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Piège dans les ruines

Résumé éditeur : Pas cool, d’être une ado ! Vos parents vous envoient n’importe où en vacances, sans vous demander votre avis. Cette fois, Jeanne, parisienne de quinze ans, part chez une tante qui vit dans les Vosges avec sa famille d’attardés écolos. Et si ce séjour tant redouté lui réservait quelques surprises ? Les cousins ne sont peut-être pas si ploucs que ça, finalement… Leur ami Élias joue merveilleusement du piano, et les balades en forêt ne manquent pas d’attrait… Mais lorsque des événements inquiétants commencent à se produire dans les environs, les jeunes se trouvent entraînés malgré eux dans une aventure aussi excitante que dangereuse…


 Extrait

« Je me risque à regarder le garçon aux cheveux noirs. Son visage s'est éclairé comme un lac sous le soleil. Je frissonne. Quand il sourit, son expression change si radicalement ... c'est indescriptible. Nos yeux se croisent. Les joues en feu, je détourne les miens en vitesse pour les poser sur la toile cirée jaune à fleurs rouges. Je la fixe comme si je venais de découvrir un Van Gogh. Oh misère ! Dans quel pétrin suis-je en train de me fourrer ? » (Page 24, fin du chap. 3 )                                      


Mon Avis

Ce qu’il faut retenir : 

Jeanne, adolescente parisienne, part pour des vacances dans les Vosges chez une tante qu’elle connaît très mal. Bart et Christa, ses cousins, ont aussi invité un ami, Elias musicien tout comme eux. Quelques morceaux de musique, un peu de trempette dans la piscine d’un voisin et des promenades dans la forêt, finalement Jeanne ne s’attendait à tomber autant sous le charme. Le mystérieux ami des cousins n’y est pas pour rien. Seulement, Elias a une curieuse habitude, il aime se promener la nuit et la nuit est souvent source de danger. Une vraie aventure commence pour ce groupe de jeunes intrépides ! 

Mon ressenti : 

 Je suis ravie de retrouver la plume d’Alice Adenot – Meyer après avoir adoré Sortilèges Interdits (dont j’attends la suite). Dans cette histoire, j’ai d’abord été surprise par le style « parlé adolescent » vu que c’est du point de vue d’une jeune héroïne de quinze ans, j’aurai dû m’y attendre, mais nous sommes loin du style de Sortilèges Interdits. Cette impression passe car j’ai été vite happée par le récit grâce aux descriptions de la nature vosgienne et les pensées de l’héroïne qui s’avèrent tellement authentiques. C’est une jeune fille attachante. 

    Au fil des pages, les décors vosgiens, la description de la forêt, des grottes, des ruines, cela m’a rappelé mon enfance. Quand j’étais petite, parisienne moi aussi, nous allions en vacances dans les Vosges et j’étais tout heureuse de faire remonter ces bons souvenirs. J’ai trouvé qu’il y avait un souci du détail excellent, tellement juste. J’y étais ! J’y retournais ! Il manquait plus que la roche aux fées, un endroit qui a marqué ma jeunesse. Vraiment chapeau pour m’avoir de nouveau emporté dans cette intrigue et fait ainsi voyager. Avec cette aventure, je me suis aussi revue petite, j’aimais m’inventer des intrigues policières dans le parc en face de chez moi, c’était une histoire faite pour me plaire du début à la fin. L’écriture est toujours aussi fluide, je faisais défiler les pages et souriais de toutes mes dents quand certains passages descriptifs devenaient franchement poétiques me confirmant bien que c’était Alice la chef d’orchestre de cette composition.  

    Cette addiction au roman n’aurait pas été possible sans le charisme des personnages. Le courage, la témérité, l’humour de Jeanne, elle est jeune mais tellement marrante, j’ai adoré ses réflexions. Elias est un personnage intéressant, même s’il reste drôlement mystérieux. Les cousins ne sont pas très développés, il faut dire que cela va si vite, mais ils ont le cœur généreux. La musique a une petite place qui n’est pas pour déplaire. J’ai trouvé ce cadre très agréable. De manière générale, Jeanne débarque dans une famille écolo et simple, aux bons sentiments. Des valeurs que la jeune fille avait oubliées obsédée par sa popularité à Saint Maur en sortant avec THE garçon que les filles veulent toutes. 

    C’est donc une bonne lecture pleine de sérénité, d’humour mais aussi de surprise et d’effroi, la douche froide. Derrière la douceur et la gentillesse, nous sommes face à des ennemis dont j’ai eu du mal à croire l’existence. Comment peut-on agir ainsi en toute impunité ? Il y en a qui ont vraiment l’esprit dérangé. La dernière partie est dure, je ne m’attendais pas à ce retournement de situation. La lecture légère devient oppressante, le cadre de rêve se transforme en cauchemar. Le suspense est à son comble, que se passe-t-il donc dans cette forêt ? Il est tout de même question de la mort d’un homme, je n’en dis pas plus. Plus on avance dans le récit, plus la tension est palpable, on se dit « non, mais ce n’est pas possible ? ».

En bref, un roman qui se lit vite parce qu’il est court mais surtout parce que la plume est efficace. Le décor vosgien m’a particulièrement plu, la petite romance est mignonne. Des personnages jeunes et authentiques plongés dans une intrigue au cœur de la forêt, des grottes et des ruines loin d’être inhabitées, cela avait tout pour me plaire. La musique chère à l’auteure est présente, mais en second plan comparé à Sortilèges interdits que j’avais adoré ! Allez Alice, j’attends le roman suivant ! ;-)


Infos sur le livre

  

Piège dans les ruines d'Alice Adenot-Meyer, 186 pages chez Rebelle Éditions, sorti le 10 novembre 2015. 

 

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Rebelle Editions

La Proie du Papillon de Stéphane Soutoul

 

Ma Note 5/5

" Passion Transgression Expiation "

 

 Ce billet comprend 3 bonnes raisons de lire ce roman, la Couverture et le Résumé, un Extrait, mon avis avec un mini-résumé plus personnel et toutes les Infos. qui valent le coup. 

 

 

 

Bonne lecture et pensez s'il vous plaît à laisser une trace de votre passage via les commentaires! 


3 bonnes raisons de lire cette histoire

* Machiavélique. 

* Torride.

* Funeste.


La proie du papillon couv

« Quand une femme frappe dans le cœur d’une autre, elle manque rarement de trouver l’endroit sensible, et la blessure est incurable. »
Pierre Choderlos de Laclos

Sulfureux. Indécents. Mortels… 
Avez-vous déjà entendu parler des Fils d’Éros ? On prétend à mi-voix que ces professionnels de la séduction joueraient avec les sentiments et bouleverseraient la vie de leurs victimes.
Judith de Ringis est une femme d’affaires aussi douée qu’impitoyable. Pour se débarrasser d’une concurrente gênante, elle requiert les services de l’un de ces mercenaires. Marco, dit le Papillon, s’engage à briser sa proie.
Cependant, manipuler les choses de l’amour n’est jamais simple, surtout quand les plus redoutables prédateurs se révèlent, eux aussi, capables d’émotions…

 


 Extrait

« La pluie diminua enfin et les grondements du tonnerre s’espacèrent. La fureur de l’orage se calmait. Rien à voir avec la fièvre et le trouble qui me consumaient de l’intérieur. Pour la première fois de ma vie, je percevais un homme autrement qu’en vulgaire objet sexuel avec une date limite de consommation. Comme cela était difficile d’exprimer les sentiments inédits qui me submergeaient en sa présence. Des liens étroits et indescriptibles nous unissaient. Marco et moi, c’était désormais à la vie, à la mort. »

(Page 294)                                            



Mon Avis

Ce qu’il faut retenir :

Judith de Ringis est une femme d’affaires pleine de noirceur qui n’a aucun sens moral, aucune pitié, seuls ses désirs comptent. Sa vie serait parfaite si Annie Laurens, amie depuis l’université qu’elle a en réalité en horreur, ne lui faisait pas de l’ombre. Généreuse, honnête et maman d’un petit garçon, quasi tout réussit à Annie, même professionnellement sauf dans sa vie privée. Cela tombe bien pour Judith qui fait alors appel à la mystérieuse organisation secrète des Fils d’Éros, plus précisément à Marco. Dit le Papillon, le magnétique Marco a pour mission de séduire Annie pour mieux l’exterminer en échange d’une grosse somme d’argent, peu importe qu’Annie ait un enfant. Tandis que le magnifique Marco excelle dans son art de la manipulation et des jeux de séduction, Judith se découvre des sentiments longtemps refoulés lorsqu’elle se trouve au contact du Papillon. Prédateur tout comme elle, sans scrupule, sans limites, le désir de le posséder la titille. Jusqu’où le jeu du Papillon peut-il mener face à une jeune femme aussi diabolique que lui ?      

 

Mon ressenti : 

Voilà une lecture qui une fois terminée m’a fait passer une nuit blanche tellement j’étais frustrée d’avoir dévoré si vite le roman. C’est la deuxième œuvre que je lis de Stéphane Soutoul (son premier livre et celui-ci) et mon coup de cœur pour sa plume reste intact, je crois qu’il peut m’embarquer où il veut, je lui fais totalement confiance.    

    Le résumé de la Proie du Papillon fait penser aux Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos et il se trouve que j’en avais étudié les adaptations cinématographiques durant mes études de cinéma (versions de Vadim, Forman, Frears). Plan par plan… Livre comme films sont intéressants mais le décor et l’époque sont trop différents de notre histoire qui se déroule de nos jours et à New York. J’ai plutôt imaginé dès le début l’héroïne, parfaite business woman puissante et intouchable en l’actrice Sarah Michelle Gellar (dans Sexe intentions, film qui est la version la plus moderne des Liaisons dangereuses, ça tombe bien). Ainsi, il faut savoir que mon avis n’est pas dans la comparaison, mais que ma lecture s’est faite naturellement avec l’histoire de Laclos en tête, ce jeu diabolique entre prédateurs et proies. Je le précise car j’ai vu défiler de brèves critiques où la découverte du roman semblait totale, inédite. Si vous ne connaissez pas Laclos (confidences sous forme épistolaire entre deux libertins) ou ses adaptations, attention avec mon ressenti qui pourrait peut-être vous spoiler. Je trouve qu’à l’effigie du papillon (titre et couverture), Stéphane rend un bel hommage, il a tissé une intrigue en référence à celle de Laclos puis a pris son envol vers notre temps, avec nos préoccupations et nos valeurs morales actuelles. Sans parler de quelques critiques sur notre société. C’était une idée aussi brillante que réussie !

    Le livre au titre si bien choisi revête une couverture belle et sobre. Les chapitres sont nombreux ce qui crée une vraie addiction avec l’impossibilité de retourner dans les obligations du quotidien. J’ai adoré ce récit où les sentiments sont si ambigus, c’en était enivrant, tellement de suspense, de sensualité. Je ne sais pas si tous les livres de Stéphane Soutoul ont tous ce pouvoir attractif mais cela va faire deux fois que je tombe sous le charme. Le style est si fluide, si précis, si évocateur. À chaque fois qu’il est question de séduction ou de manipulation je suis happée par les mots, la scène s’imprimant dans mon esprit de manière si détaillée. Même les actions torrides étaient réussies, excitant les sens. Comme quoi il est possible d’écrire de l’érotisme sans être vulgaire et je n’en attendais pas moins de l’auteur. À noter que ce dernier a un vrai talent pour décrire les sensations féminines…

    J’en viens alors à notre héroïne, Judith. Elle est la parfaite « garce », antipathique dès les premières pages. Le contrat qu’elle passe pour éliminer sa rivale est d’une froideur incroyable. Rivale qui a un petit garçon, qui plus est. Oui Judith m’a dégoutée mais paradoxalement elle m’a plu et c’était à mon sens le véritable enjeu dans cette histoire. Comment rendre humain le pire de l’humanité ? Être dans la tête de cette femme, découvrir ses pensées les plus avilissantes mais aussi les plus troublantes, j’avais l’impression de faire du voyeurisme, c’était excitant de la suivre. J’ai aimé la traiter mentalement de tous les noms, la détester jusqu’à un retournement de situation où je me suis rendue compte qu’elle m’inspirait surtout de la pitié. Pourquoi ? Parce que derrière cette manipulatrice sans sens moral, l’accent est marqué sur sa solitude tout comme son impatience qui est une sorte de malédiction. Judith est une héroïne qu’il vous faut connaître, elle empreint les esprits, son personnage est si original et profond qu’on ne le trouve pas dans d’autres romans. 

    Puissante mais seule, il fallait quelqu’un qui ressemble à Judith, on en prend conscience bien avant elle : Marco est son âme sœur démoniaque, ces deux-là jouent dans la même cour. Cependant, j’ai tendance à penser que Judith a cette honnêteté d’être comme elle est, là où Marco le Papillon reste mystérieux et séduisant alors qu’il est aussi malfaisant. Judith fait tomber le masque, pas lui. J’ai été conquise par son charme malgré son jeu qui n’est pas double mais triple ou plus si c’est possible. Marco est si difficile à cerner que je n’ai pas ressenti son magnétisme de manière aussi hystérique que certains personnages dans le roman mais il a des atouts qui valent le coup… Toutefois, l’organisation des Fils d’Éros à laquelle il appartient est floue du début à la fin, j’aurais voulu en savoir plus. En effet, ils sont tous cachés dans un bar et font leur culte, Judith se confronte à eux, les décrit comme beaux et dangereux oui mais quoi d’autre ? C’est peut-être mon unique bémol, j’aurais apprécié en connaître davantage sur eux, leurs motivations, l’ampleur de leurs pouvoirs, les autres cellules dans le monde. J’avais l’impression que Marco travaillait avec/pour eux mais plus comme un prestataire qu’un adepte.  

    Enfin, j’étais avide de lire l’évolution des sentiments de l’héroïne. Comment ce qu’elle pensait contrôler allait-il se retourner contre elle ? Tout en me délectant d’observer Marco attirer toutes ces femmes dans sa toile, volontaire ou non. De toute manière, lui et Judith sont du même acabit alors les regarder se tourner autour c’était ce qui était le plus appétissant. On ne sait pas comment ils réagiront, leurs limites, leur imprévisibilité. Entre Judith qui chute sensiblement sans s’en rendre compte et l’attraction de Marco qui manipule ses proies que sont les femmes, j’ai passé un moment génial, chamboulée d’émotions contradictoires. Même aujourd’hui quand j’écris mon avis je n’arrive pas à avoir le mot précis sur ce que j’éprouve, le dénouement fait mal, totalement déroutant. (…) Fin du spectacle. C’est si dramatique que je n’ai pas applaudi, je vous laisse découvrir comment le piège se referme, comment le mot « machiavélisme » prend un nouveau sens lorsqu’on referme cet ouvrage. Toutes les explications finales en ce qui me concerne étaient un petit plus, utile ou non, ils renforcent la trame dramatique, plus d’hésitation sur nos doutes.

En bref, j’ai dévoré ce livre qui fait honneur aux Liaisons dangereuses de Laclos. L’héroïne, parfaite garce est marquante. Marco séduisant et chaud à souhait, mène avec elle une danse aussi endiablée que maudite dont j’ai adoré voir l’évolution. Le cadre de New York s’y prêtant à merveille. Quel duo d’enfer ! Une chute attendue qui ne m’a pas déçue. Pas de surprise sur les rebondissements, mais je n’avais pas le souhait d’inédit, je savourais l’histoire comme elle venait, voilà tout, sans vulgarité, sans fioritures. C’était fluide, percutant et déroutant. Un écrit de Stéphane Soutoul est une valeur sûre.

 


 

Infos sur le livre

  

La Proie du Papillon de Stéphane Soutoul, 416 pages chez Pygmalion (Flammarion), sorti le 10 février 2016. 

 

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L'Apôtre de l'ombre/Au creux de ma main tu n'es plus rien d'Oxanna Hope.

 

Ma Note 4/5

Intriguant jusqu'au bout !

 

 Ce billet comprend la Couverture et le Résumé, un Extrait, mon avis avec un mini-résumé plus personnel et toutes les Infos. qui valent le coup. 

 

 

 

Bonne lecture et pensez s'il vous plaît à laisser une trace de votre passage via les commentaires! 

Attention, j'ai découvert, lu et chroniqué Au creux de ma main tu n'es plus rien avant L'Apôtre de l'ombre. Ce sont les mêmes héros avec deux intrigues différentes, je conseille de lire L'Apôtre de l'ombre en 1er pour ne pas vous spoiler de détails qui apparaissent dans le second.


L'apôtre de l'ombre

Résumé éditeur : Quatre corps enterrés à la va-vite dans un jardin bourgeois. Quatre autres ici ; quatre autres là, et toujours ce même pentacle gravé sur les murs… Pour Thomas Van Eecke et Maxime Lanier, les officiers de la PJ lyonnaise confrontés à ces crimes sordides, ce n’est qu’une enquête de plus. Pourtant, celle-ci va très vite déraper, se compliquer et s’enliser pour se teinter d’une étrange et inquiétante aura magique. Ils découvriront, à leurs dépens, que le mal est plus profond. Un mal qui vous ronge de l’intérieur et vous foudroie en un éclair. Un mal sans remède…


 Extrait

« Il était si concentré sur cela qu’il n’entendit pas les glaçons de son whisky tinter à l’intérieur de son verre... pas plus qu’il n’entendit la marche de l’escalier couiner. »   

Lire le début : ICI
 


Mon Avis

Ce qu’il faut retenir :  À la PJ lyonnaise, Thomas Van Eecke et Maxime Lanier enquêtent sur une série de meurtres macabres : des familles assassinées, un pentacle dessiné sur les murs et un tueur parcourant les rues à la recherche de ses nouvelles victimes. L’enquête se corse quand Thomas découvre qu’il est question d’une prophétie. Le tueur se fait appeler l’Apôtre de l’Ombre et il ne s’arrêtera que lorsqu’il aura accompli la mission qui lui a donné son Maître. Son maître, le Mal qui est parmi nous et attend patiemment ce moment où il détruira l'humanité.   

Mon ressenti :  

J’ai passé un excellent moment, même si je dois avouer qu’il y a des scènes où j’ai préféré lire que d’un œil imaginant le pire arriver et ce, dès le début. L’Apôtre de l’ombre est à plusieurs voix et si je vous dis que le récit débute du point de vue de l’assassin en train d’enterrer ses victimes, des enfants, les siens ? Choquant, non ? On est vite mis dans le bain c’est certain, un bain de sang.

Nous voilà donc totalement plongés dans une ambiance particulièrement macabre où les détails donnent la chair de poule. Heureusement, les deux policiers Thomas et Maxime qui sont chargés de l’affaire prennent leur métier au sérieux et sont dans une vraie chasse à l’homme, prêts à tout pour arrêter ce monstre qui entre dans les maisons et massacre tout le monde sans sommation.

Le point de vue varie des policiers à l’apôtre (même plus que ça, mais je n’en dis pas plus), c’est une bonne chose, car nous avons une vision d’ensemble sur toute cette horrible affaire. De plus, le rythme suit cet enchaînement d’actions sans jamais faiblir. Le récit se déroule sur une trame classique en trois parties : les meurtres, l’enquête et la chasse, le renversement de situation lorsque l’apôtre s’attaque à l’un des héros. Dans cette 3e partie vous irez de découverte en découverte et j’aurais été drôlement surprise si je n’avais pas lu avant Au creux de ma main tu n’es plus rien car c'est évoqué.

Maxime et Thomas sont attachants, la situation de Thomas est compliquée, je plains sa femme, je reconnais que j’ai maudit le bonhomme dès lors qu’il allait poser ses mains là où il ne faut pas. Il est drôlement plus attachant dans l’autre roman, idem pour Maxime, mais certains événements peuvent expliquer les actions irraisonnables de Thomas. J'ajouterai que c'est un duo que j'ai eu quand même plaisir à suivre. 

Ce que j’ai aimé chez eux malgré qu’ils ne soient pas d’accord (mais n’est-ce pas ce qui en fait un parfait binôme ?) c’est leur total investissement dans l’enquête. Tandis que l’un cherche des indices sur les pentagrammes, l’autre s’intéresse aux empreintes sur les victimes. Les suivre tout en suivant l’assassin qui prépare son prochain crime c’était très exaltant, flippant, la tension palpable.

Cette histoire est drôlement bien menée, bien écrite, plus complexe qu’elle ne paraît au début. Il ne s’agit pas seulement d’un homme qui tue par folie et qu’il faut arrêter au plus vite, c’est plus que ça, il y a même une tournure surnaturelle intéressante. Nous sommes face à une intrigue ésotérique comme dans les livres d'Umberto Eco Le nom de la rose ou de Jean-Christophe Grangé avec Les Rivières pourpres. C'est un genre que j'appréciais fut un temps et ma lecture de l'Apôtre de l'Ombre en a ravivé la flamme. 

En bref, ce thriller ésotérique était très sympathique à suivre, avec l’horreur, la tristesse, le suspense bien présents. J’ai aimé être dans la tête du tueur tout en suivant les réflexions des deux policiers. L’écriture est efficace, parfaitement maîtrisée pour le genre avec ce souci du détail et d’analyse qu’on retrouve souvent dans ce genre d’histoires, indispensable pour nous qui sommes à l’affut de la moindre explication et résolution. Enfin, je garde un sentiment triste, j'ai beaucoup de mal à prendre de la distance quand il est question d'enfants... même pour une fiction, c'était parfois dur d'être spectatrice, de ne pas pouvoir agir. Je me demande si à l'auteur qui en compose les mots, cela n'a pas été douloureux à écrire par moments.       


Au creux de ma main tu n'es plus rien

Résumé éditeur : Un, deux, trois... il était une fois... une femme. De rouge, toute vêtue, elle était... Emilie D. n'a pas eu de chance ce soir-là, elle a fait une mauvaise rencontre. Il ne lui faudra qu'une fraction de seconde pour comprendre que son chemin s'arrête là. Il en faudra beaucoup plus à la police judiciaire qui se penchera sur le cas étrange de cette femme retrouvée atrocement mutilée et à qui l'on a prélevé une partie de son anatomie. Pourquoi ? Comment ? Les hypothèses se succèdent et les coupables se bousculent dans les locaux de la PJ Lyonnaise.
 

 Extrait

« Elle referma à la hâte le verrou et s’éloigna à reculons de la porte sans la quitter des yeux. Il demeurait pourtant, à l’intérieur de cette chambre, un filet d’air glacé qui continuait à courir autour d’elle. Cela, et puis la peur...

Dans un sanglot, elle se précipita sur son lit et s’y recroquevilla comme une enfant terrorisée par l’inconnu. »

 

(Page 152 fin d’un passage extrêmement bien écrit, j’y étais tout simplement imaginant le pire)            

Lire le début : ICI


Mon Avis

Ce qu’il faut retenir : Une femme est retrouvée assassinée dans son logement, les pieds ont été tranchés. Aucune trace d’eux ni des chaussures qu’elle portait sur le lieu du crime. Jusqu’à ce que Thomas, un ex-policier de visite à Lyon avec sa femme et leur fille tombe sur un sac plastique. Hasard ou mise en scène ? Le sac contient l’horreur et les passants ont tout vu. Alors qu’il ne souhaitait plus rien entendre de la PJ Lyonnaise où il travaillait avant, Thomas se retrouve soudainement projeté au cœur de l’enquête.    

Mon ressenti : On assiste en première loge à un meurtre. Les enquêteurs en révèlent très vite quelques détails sordides : des pieds tranchés, des chaussures introuvables, une arme particulière, aucune trace d’intrusion chez la victime. Voilà une histoire qui commence fort ! Qui se cache derrière cet horrible assassinat ? À la PJ de Lyon, Maxime Lanier est sur l’affaire avec son nouveau coéquipier Patrick Landerlin, personnage antipathique et zélé qui remplace Thomas Van Eecke. Ce dernier ayant quitté la PJ après le cas de l’apôtre de l’ombre, un an plus tôt. Or, Thomas est justement de passage à Lyon et il tombe sur le sac contenant les pieds coupés. Hasard ou non ? C’est à partir d’ici que le récit est centré sur Thomas, un homme perturbé par de récents faits et sa famille, sur Maxime aussi qui veut trouver le meurtier, nous plongeant alors dans un thriller « intimiste ».

Composé en deux parties à l’instar du titre, le récit alterne les points de vue ce qui maintient un bon rythme et nous permet de suivre plusieurs personnages. J’ai bien aimé l’évolution de tout ce petit monde, on sent le poids sur leur cœur suite à la précédente enquête sur l’apôtre de l’ombre. Thomas culpabilise de son attitude vis-à-vis de ses parents, Johanna l’aime mais d’un amour jaloux (à juste titre il était infidèle). Quant à Maxime, il veut les aider par (ancienne) amitié affrontant alors la PJ qui lui tourne le dos, avec un coéquipier souhaitant clôturer l’affaire en nommant Thomas comme le meurtrier idéal. Ces profils sont donc marqués par le malheur, par la tristesse. Ils veulent aller de l’avant et ce meurtre les enfonce plus loin encore dans leurs troubles.   

Il y a tout de même un souci en milieu de narration à force de se focaliser sur eux, on oublie l’enquête, s’il y a eu des précédents, par exemple. Comme je l’ai dit, le roman comment fort mais l’intrigue, elle, s’épuise par l’absence de nouveaux meurtres ou de retournements de situations. Je pense qu’il y avait matière à approfondir aussi bien la trame que les protagonistes que nous rencontrons.

Heureusement, la dernière partie promet de nouveau du lourd. Ce huis clos final m’a totalement charmée, excellent et prenant, il m’a laissé sur une sensation de vide. Tout n’est pas expliqué mais j’ai aimé la dimension surnaturelle et psychologique. C’était tellement riche en révélations, à vrai dire, il y avait des indices tout du long du livre mais si discrets que je ne les avais pas du tout interprétés de la bonne manière. J’avais totalement oublié que le livre était présenté comme fantastique ! J’étais partie alors sur la mauvaise piste du meurtrier et j’ai apprécié être surprise à la fin. Ce n’est pas violent pour un thriller adulte, c’est surtout mental. (hormis la scène d’ouverture) et le suspense est appréciable avec quelques passages rondement bien menés (comme l’extrait cité plus haut dans la chronique)

Ce livre se lit vite du fait de chapitres courts et d’un style fluide. Un « Fais-moi peur collection chair de poule » pour adulte, c’était totalement fait pour me séduire. Certaines descriptions n’étaient pas forcément utiles comme la manière de stationner, mais c’est un détail. Malheureusement, je n’ai pas compris comment une mère peut aller dormir à l’hôtel en début de récit tandis que son mari est interrogé et ne pas même aller prendre son enfant dans les bras, l’avoir à ses côtés dans cette épreuve. C'est un détail bien-sûr. Je trouve que la petite Helena avait un rôle à jouer dès le début. En plus, ce que je regrette, c'est qu'Helena n'intervient qu'à la fin et de manière surprenante. Or, rien n'est expliqué à son sujet. Idem, un phénomène à la fin nous laisse sur une terrible frustration car nous ne savons pas comment le vit Helena, ce qu'elle ressent.

En bref, j’ai passé un très bon moment, je ne m’attendais pas à un tel développement de l’histoire et j’aime beaucoup l’intervention du surnaturel, ça change. Les personnages étaient intéressants à suivre et j’ai envie de les connaître davantage, peut-être en lisant l’apôtre de l’ombre. Je regrette le manque de présence d’Helena (son développement) et un déroulement plus complexe de l’enquête aurait été parfait. La plume est efficace, le suspense présent. Un thriller fantastique qui vaut le coup d’œil, aussi prenant que frustrant !  

 


Infos sur le livre

  

  1. L'Apôtre de l'ombre d'Oxanna Hope, 368 pages chez Rebelle Éditions, sorti le 23 avril 2016. 
  2. Au creux de ma main, tu n'es plus rien d'Oxanna Hope, 264 pages chez Rebelle Éditions, sorti le 10 novembre 2015. 

 

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Tu tueras le Père de Sandrone DAZIERI

 

Ma Note 5/5

 Une GROSSE bombe psychologique de 552 pages ! 

 

 Ce billet comprend 3 bonnes raisons de lire ce livre, la Couverture et le Résumé, un Extrait, mon avis avec un mini-résumé plus personnel et toutes les Infos. qui valent le coup d'être notées. 

 

 

 

Bonne lecture et pensez s'il vous plaît à laisser une trace de votre passage via les commentaires! 

 


 

3 bonnes raisons de lire cette histoire

 

  • Un duo atypique, marqué et marquant composé d'une policière qui a survécu à un drame violent et un jeune homme qui a été séquestré enfant pendant onze ans.  
  • Une enquête palpitante, sombre qui donne la nausée par son rythme en montagnes russes. 
  • Une écriture fluide, visuelle, percutante. C'est un pavé de 552 pages impossible à lâcher !

 


 

Tu tueras le père.

 

Petit garçon, Dante Torre a survécu à l’enfer de la séquestration. Il enquête désormais sur une vertigineuse affaire d’enlèvements d’enfants. Car son ravisseur sévit toujours...

« Meilleur thriller de l’année 2014 » selon Corriere della Sera, Tu tueras le Père est un véritable best-seller en Italie, vendu dans plus de dix pays et bientôt adapté en série TV.

Sous un soleil de plomb, un homme court, désorienté, le long d’une route qui mène à Rome. Luca, son jeune fils, a disparu lors d’un pique-nique familial dans le Pratoni del Vivaro, un parc naturel à quelques kilomètres de là. Les enquêteurs dépêchés sur place découvrent bientôt la mère dans une clairière, décapitée. Ils pensent que c’est lui, le mari, qui dans les affres d’une dispute conjugale, a tué son fils, puis caché le corps. Mais ou ? Aucune trace de l’enfant, nulle part. Quand Colomba Caselli arrive sur les lieux de la reconstitution, elle comprend immédiatement que quelque chose ne tourne pas rond...

Colomba a trente-deux ans et des yeux d’un vert changeant. Elle est belle, instinctive, physique, mais elle n’est plus en service. Elle a pris un congé à durée indéterminée après avoir assisté, impuissante, à un événement tragique qu’elle nomme avec pudeur « Le Désastre » et qui l’a laissée très fragile. Cependant, même retirée de la vie policière, elle ne peut cesser d’être un flic et l’un des meilleurs. Le commissaire Rovere, son ex-patron, le sait : il lui demande comme une faveur de mener l’enquête pour lui, en toute discrétion, et d’aller consulter un expert du rapt et de la maltraitance infantile, Dante Torre, surnommé « l’enfant du silo ». Avec son allure de Bowie punk, maigre et toujours vêtu de noir, complètement phobique, dépendant, obsessionnel et paranoïaque, Dante a une approche très personnelle de son travail. Et pour cause : il a été enlevé lorsqu’il était un tout jeune garçon. Pendant onze ans, il a grandi dans l’exiguïté d’un silo à grains avec pour seul contact avec le monde extérieur un mystérieux individu qu’il appelle « Le Père ».

À présent, l’enquête de Colomba le confronte à son pire cauchemar. Car, derrière la disparition du petit Luca, Dante reconnaît très vite la signature de ce « Père » jamais identifié, jamais arrêté. Mais si tel est le cas, pourquoi son geôlier aurait-il décidé de frapper à nouveau ? Et pourquoi tant d’années plus tard ? Colomba s’interroge : peut-elle vraiment se fier à son partenaire ? Ou bien Dante l’entraine-t-il, malgré elle, dans l’enfer d’une chasse aux fantômes ? Entre flashback, machinations et course contre la montre, Sandrone Dazieri construit un magnifique thriller qui plonge le lecteur dans un crescendo constant d’adrénaline.


 

Extrait                                                 

" – J’ai seulement mis à profit mon expérience. 

   – D’enfant kidnappé ? 

   – Vous voyez, commissaire, pendant onze années, les années les plus délicates dans la formation d’un être humain, j’ai vécu sans contact avec personne hormis les confrontations occasionnelles avec mon ravisseur. Ni livres, ni télévision, ni radio. Quand je suis sorti, le monde était pour moi incompréhensible. Les interactions sociales m’étaient totalement étrangères, comme pourrait l’être la vie d’une fourmilière pour vous. " 

(75/525 pages)

Des extraits sont en ligne par épisode : 

=> Episode 1

=> Episode 2 

 

 


 

 Mon Avis

Ce qu'il faut retenir de l'histoire:  

Un homme est en prison, il aurait décapité sa femme et tué son fils qui n’a pas été retrouvé. Le commissaire Colomba a survécu à un drame et n’est pas prêt de se remettre au travail. Pourtant, elle va s’occuper dans l’ombre de cette enquête dont elle pense que le ravisseur et l’enfant sont toujours dehors. L’étau se resserre lorsqu’elle fait appel à Dante, un jeune homme aussi traumatisé que perspicace, séquestré durant onze ans durant son enfance. Dante accepte de l’aider, mais l’affaire se complique lorsqu’il reconnaît le modus operandi de son propre ravisseur lorsqu’il était enfant. 

Mon ressenti : 

Quelle histoire ! Je suis encore sous l’émotion des dernières révélations. Il me faut quelques instants pour digérer tout ça. 

Ce livre est explosif ! Une tuerie ! 

Je suis immédiatement rentrée dans l’histoire, il faut dire que ça commence fort avec un extrait de la séquestration de Dante. Ensuite, nous découvrons au présent une scène de meurtre où une femme a été décapité, le mari se dit innocent mais est arrêté, il manque à l’appel leur fils… Le commissaire Colomba va suivre cette enquête à contrecœur, mais cela ne va pas nuire à ses capacités. Elle est excellente tout comme le binôme qu’elle choisit en la personne de Dante, une ancienne victime d’enlèvement et de séquestration durant onze ans. Si vous pensez que ce n’est qu’une histoire d’enlèvement d’enfant par un psychopathe ou un pédophile. Je n’en dirai pas plus mais Sandrone Dazieri a écrit là un livre extrêmement bien pensé. L'écriture est fluide et on sent le gros travail de recherche derrière. Je suis réellement impressionnée par toutes les pistes que nous suivons avec Colomba et Dante, comment une pièce de puzzle rentre dans une autre totalement surprenante.

Il y a quelques scènes insérées assez violentes – ce n’est clairement pas ce que j’ai préféré – comme une scène d’explosion décrit avec un tel souci du détail que j’en avais la nausée. Ces scènes prennent sens au fil de l’histoire, une manière de nous tenir en haleine par tous les moyens : pourquoi ces scènes ? Qui est le Père ? Est-ce que c’est bien lui le ravisseur trente ans après ? Qu’est-il arrivé à Colomba de si dramatique pour être ainsi perturbée et montrée du doigt par ses collègues ? Est-ce que l'enfant est encore vivant ? Pourquoi ci et pourquoi ça ? Je faisais défiler les pages à un rythme effréné, honnêtement c’est bien la première fois que j’ai lutté à m’en ronger tous mes ongles pour ne pas aller lire la fin tellement j’étais happée par l’enquête. Il faut dire qu’il s’agit d’enlèvement d’enfant, c’est un thème qui est douloureux, qui peut choquer. Heureusement rien de trop glauque, l’enquête mène plus loin -d'ailleurs on voyage pas mal, toujours en Italie- et il vous est impossible d’en deviner le dénouement. La dernière partie est un vrai tourbillon, je me suis tenu la tête des deux mains avec une expression de total choc sur le visage « noooooooon ». 

J’ai vraiment adoré ce livre, il m’a hanté plusieurs semaines, je pense même en avoir rêvé car j’avais besoin de régler ce qui me turlupinait dans cette histoire. Au début je pensais que c’était une histoire à la Copycat où Dante est exactement comme la psychologue le docteur Helen Hudson (Sigourney Weaver) terriblement traumatisée mais diaboliquement efficace pour reconnaître un modus operandi. Les deux aident la police dans des duos aussi touchants que géniaux. Mais ici, le duo est encore plus développé, Colomba et Dante sont incroyables ces deux-là, se mettent dans des situations qui réveillent leurs psychoses. 

La fin est ouverte. Le sujet de révélation est intéressant quoique ça reste toujours flou à l’heure actuelle. Il n’y a rien de plus à dire sur cette histoire, elle est complète, surprenante et intense. On en prend plein les yeux et les oreilles. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas lu un thriller aussi bon ! Vive l'Italie ! 

 


Infos sur le livre

  

* Tu tueras le père de Sandrone Dazieri, 525 pages, aux Éditions Robert Laffont dans la Collection "La Bête Noire", parution le 8 octobre 2015. 

 

Sites intéressants:

  • Site de l'éditeur: lci
  • Site de l'auteur: Ici
  • Son twitter: lien
 
 

Merci à la collection "La Bête Noire" des Éditions Robert Laffont.

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